Couverture de la revue - Transmissions. Enjeux et perspectives

N° 75 - Transmissions. Enjeux et perspectives

Revue publiée en novembre 2017

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Voilà vingt ans qu’Enfances et psy assure son rôle de transmission des pratiques, des théories, des avancées dans le champ de l’enfance en difficulté. Pour son anniversaire, la revue s’attache plus particulièrement à réfléchir aux multiples questions que pose la transmission. A quels écueils se heurte-t-elle et quels en sont alors les conséquences ?

Les travaux récents des biologistes et des généticiens montrent que ce qui est transmis, au-delà du socle biologique, ce sont des potentialités, largement influen-cées par l’environnement physique et humain de l’enfant. L'homme, être bio-psycho-social, cherche à pérenniser ses organisations familiales, sociales et culturelles, ses mythes, ses rites, ses traditions, ses valeurs et même ses fantasmes. Même si les parents cherchent à transmettre à leurs enfants ce qui leur semble essentiel, que passe-t-il vraiment d’une génération à l’autre ?

Comment le développement des nouvelles configurations familiales impacte-t-il la transmission ? Comment l’école, lieu emblématique de la transmission des savoirs, concurrencée par d’autres médiateurs nés de la révolution numérique beaucoup plus attractifs, doit-elle évoluer ? La communication horizontale accélérée par le développement des nouveaux médias et des réseaux sociaux ne tend-t-elle pas à remplacer la transmission verticale ? Quels effets sur l’attention et la disponibilité des enfants et des adolescents ? Dans une société de plus en plus multiculturelle, quelles questions posent les dernières vagues migratoires et les tendances au repli identitaire ? La radicalisation de certains jeunes serait-elle liée à un malaise dans la transmission tant au niveau individuel qu’au niveau collectif ?

Dans ce monde en mutation, la transmission des pratiques profession-nelles dans le champ de l’enfance et de l’adolescence engage non seulement des savoirs théoriques ou institutionnels, mais aussi des savoir-faire singuliers. Difficile, délicate, elle fait tout le sel des rapports entre les différentes générations de thérapeutes et de soignants, impliqués dans des prises en charge au quotidien.

Jean-Louis Le Run

Didier Lauru

Anne-Sylvie Pelloux

Vingt ans déjà qu’enfances & psy, à travers ses numéros et ses colloques, assure son rôle de transmission des pratiques, des théories, des avancées dans le champ de l’enfance en difficulté. Le premier numéro de la revue portait sur l’origine, le numéro cinquante sur la filiation ; aussi, pour cet anniversaire, le thème de la transmission s’est-il rapidement imposé au comité de rédaction. Témoin d’une certaine continuité dans l’inspiration et de l’atteinte de l’âge de raison ?

La transmission est un thème si vaste que nous avons dû privilégier certains aspects tels que la transmission psychique, celle en lien avec la parentalité, certains aspects de la transmission génétique. Le défi pour l’école que constitue Internet et les nouveaux médias, ou encore la transmission entre pairs en psychanalyse ou en pédopsychiatrie. Bien d’autres aspects auraient pu être traités, comme la transmission des informations entre professionnels et entre institutions ou le rôle des échecs de transmission dans les phénomènes de radicalisation… Nul doute que nous les retrouverons dans des numéros à venir.

L’homme, être bio-psycho-social, transmet comme le reste du vivant son adn, mais bien au-delà il cherche à pérenniser aussi ses organisations familiales, sociales et culturelles, ses mythes, ses rites, ses traditions, ses valeurs et même ses fantasmes. Daniel Marcelli ouvre une vaste réflexion sur l’évolution sociétale de la transmission, et ses aléas dans un monde multiculturel, connecté, fasciné par la technologie et dans lequel le plan narcissique précède désormais le plan objectal. Allant et venant entre la transmission collective, écartelée entre devoir de mémoire et droit à l’oubli, et la transmission individuelle vue sous l’angle de la parentalité, il tente de répondre à la question « Que voulons-nous transmettre ? » Il développe les diverses formes de transmission, la transmission consciente volontaire, qui concerne le moi, la transmission silencieuse involontaire concernant le surmoi et l’idéal du moi, et la transmission inconsciente traumatique, celle des fantômes, des secrets, des énigmes attractives. Celle-ci se développe d’autant plus que les autres formes sont négligées. Un rééquilibrage en faveur de la transmission consciente, s’appuyant sur la culture et l’histoire, paraît souhaitable pour lutter contre la crise de la transmission qui se dessine dans une société qui se détourne de plus en plus du passé pour investir le futur et la technique, et une éducation qui « semble fabriquer des individus avant même qu’ils se soient constitués en tant que sujets ».

Les nouvelles configurations familiales, procréation médicalement assistée, familles monoparentales et homoparentales, adoption, font bouger les lignes traditionnelles de la famille et éclairent ce faisant les enjeux de la transmission. Prenant l’exemple de l’adoption, Jean-Louis le Run interroge d’abord le désir de transmettre en chacun d’entre nous. Donner la vie, avoir un enfant est la transmission la plus évidente. À travers l’enfant prolongement narcissique des parents, il s’agit de donner un sens à sa vie, de se perpétuer face à la conscience de sa finitude, mais aussi de satisfaire le désir de partager à travers l’éducation de l’enfant. Mais ce puissant désir de transmettre se trouve souvent contrarié, d’une part parce que ce n’est pas toujours ce que nous voulons qui passe d’une génération à l’autre, mais aussi, sur le mode transgénérationnel, des fantômes, du négatif, des secrets. Ensuite parce que la transmission étant fondamentalement intersubjective, sa réussite dépend de l’acceptation de celui qui en est l’objet. Enfin parce qu’elle se trouve parfois troublée ou empêchée, par exemple lorsqu’une stérilité ou une configuration de la famille ne permet pas d’avoir d’enfant. L’adoption s’offre alors comme possibilité de résoudre cette impasse et de rembourser la dette de vie reçue de ses parents à la naissance, dans la perspective maussienne du donner-recevoir-rendre qui organise la transmission, mais de façon paradoxale elle met aussi en jeu les difficultés susmentionnées. Surgissent alors les obstacles spécifiques de l’adoption : rupture initiale de la transmission, héritage plus ou moins lourd d’une histoire qui s’est construite ailleurs mais que les parents devront accepter et transmettre malgré tout. Les fantasmes de transmission sont le fruit du travail psychique qui accompagne la « digestion » de cet héritage du côté de l’enfant comme de ses parents.

Sur le même thème, Alberto Eiguer essaie d’éclairer l’influence de « l’hérédité transgénérationnelle » dans l’évolution de la famille en recourant aux concepts des thérapies familiales. L’adoption s’accomplit grâce à l’intégration de l’enfant dans la généalogie. Il souligne les difficultés de ce processus, ses écueils et les moyens de les aborder. Chemin faisant, apparaît l’intérêt d’interroger la place de chacun des parents dans ses hésitations à intégrer la généalogie de l’autre et à se positionner par rapport à l’inscription de l’enfant dans une lignée.

L’adolescence est un âge critique de la transmission, d’ailleurs souvent occasion de rites de passage moins lisibles dans notre culture occidentale moderne que dans d’autres plus traditionnelles. Les parents, les éducateurs voudraient transmettre aux adolescents des connaissances, un savoir-vivre, des valeurs culturelles et, au-delà, un fonctionnement psychique source de bien être, mais ils se heurtent souvent, comme le souligne Jean-Pierre Benoit, à leur désir d’autonomie, de nouveauté, à leur besoin de s’affirmer qui peut prendre la forme de l’opposition, ou les faire opter pour une transmission plus radicale basée sur les liens d’affiliation avec leurs pairs.

Ces dernières années, les travaux des biologistes, des généticiens ont considérablement accru les connaissances sur l’hérédité et complexifié les modèles. Pour Gisèle Apter, la notion d’épigénétique ajoute une quatrième dimension à la transmission, transgénérationnelle, en complément des trois autres : génétique, comportementale et symbolique ou culturelle. Ce qui est transmis, au-delà d’un certain socle biologique, ce sont des potentialités qui vont connaître des destins divers, des expressions différentes en fonction de leur environnement. Ainsi des caractères « acquis » par l’expression nouvelle de ces gènes inactifs à la génération précédente, sont transmis à la génération suivante. Les conséquences actuelles pour la psychopathologie, et les modèles de compréhensions développés par ces recherches en pleine expansion, ouvrent ainsi de nouvelles perspectives en termes de prévention et de prise en charge précoce.

S’il est une question épineuse et toujours récurrente, c’est bien celle de l’inné et de l’acquis dans les comportements humains qui ouvrent des questions éthiques. « Qu’est-ce qui détermine ce que nous sommes ? Et, dans ce contexte, qu’est-ce qui relève de la génétique ? Du sujet psychique ? De la culture ? De l’environnement ? », s’interroge Philippe Duverger à travers la rencontre d’une petite fille « différente » en consultation. De telles situations d’enfants porteurs d’une anomalie génétique confrontent au débat entre transmission et détermination (avec la question de l’inné et de l’acquis), transmission et prédiction (et de certains enjeux du diagnostic prénatal), transmission et prédestination (avec notamment la question du diagnostic précoce), transmission et information au patient ou sa famille (sous couvert de la loi de 2002), transmission et narration (dans la rencontre avec l’enfant). Duverger nous engage à la prudence dans les prédictions, il faut accepter de travailler dans une certaine incertitude pour ne pas figer l’enfant en devenir dans un destin écrit d’avance. Face à ce type de situation, le pédopsychiatre de liaison en maternité et en service de pédiatrie a une place fondamentale, en tant que praticien de l’inattendu et artisan de la rencontre avec l’enfant et ses parents.

Abordant également les enjeux éthiques de la transmission, Olivier Douville, interrogé par Jean-Yves Le Fourn, l’envisage « comme un effet des dispositifs de pouvoir et des discours, comme une conséquence des jeux de pouvoir entre celui qui transmet et celui qui reçoit » portant l’accent sur trois dimensions : le style de transmission, l’objet à transmettre et le style de réception. Dans le champ de la psychiatrie, il fustige les classifications réductrices et scientistes comme le dsm v, rappelant, comme Duverger, qu’« un diagnostic n’est pas une identité, ce n’est pas le nom d’un sujet ». À propos de l’université, il rappelle que la transmission est un processus de subjectivation qui suppose du temps et du collectif, et souligne l’antinomie entre pression à la communication, à la transparence, à l’information nue, et transmission. Pour Olivier Douville, Internet et les réseaux sociaux constituent sans doute un progrès, une ouverture à davantage d’informations, un renouveau du style de communication mais aussi « une globalisation exténuante à force d’anonymat des mêmes modes d’adresse ou d’accroche à l’autre… de prolifération de fausses rumeurs… bouleversant le rapport de confiance à la parole au profit d’une certaine jouissance à duper l’autre ».

L’école a pour vocation la transmission des savoirs, la formation des citoyens, mais elle est fortement questionnée sur la réussite de ses ambitions. Pour Olivier Douville, les politiques éducatives qui y encadrent la transmission seront différentes « si l’éducation mise sur la mobilisation des compétences de chaque élève, la créativité individuelle et collective, ou si l’élève est défini par une réduction neuroscientifique à son supposé capital cognitif».

L’école de nos jours est concurrencée par d’autres médiateurs nés de la révolution numérique beaucoup plus attractifs et doit impérativement évoluer. En effet le développement des nouveaux médias, des réseaux sociaux, qui sont indéniablement des outils de communication extrêmement puissants, ouvre des perspectives extraordinaires. Mais la communication horizontale ne tend-elle pas à remplacer la transmission verticale ? L’attention, la disponibilité des enfants et des adolescents ne sont-elles pas monopolisées par ces nouveaux outils ? Dans le champ de l’éducation, quels problèmes cela pose-t-il pour les enseignants comme pour les élèves ? Pour faire face à ces défis, Serge Tisseron encourage l’école à une éducation aux médias et éducation par les médias. De la même façon que la culture numérique oblige à repenser les manières de faire travailler les élèves, la variété des outils que les élèves ont maintenant à leur disposition oblige à repenser la spécificité de chacun, les qualités traditionnelles associées à la culture du livre – comme la compétence narrative, capacité d’autorégulation – que n’ont pas les outils numériques qui ont en revanche deux atouts importants : ils peuvent s’adapter à chaque élève, ce qui permet notamment d’intégrer des enfants handicapés dans le circuit normal et de favoriser l’autoévaluation, et ils favorisent les deux composantes de la motivation intrinsèque : la sécurisation et l’innovation. Parce que les émotions et l’accompagnement bienveillant sont au cœur des apprentissages, l’école ne doit pas « s’adapter » au numérique, elle doit s’augmenter avec le numérique.

Une autre forme de transmission concerne la troisième partie de ce numéro. Sans doute en lien avec la transformation « démocratique » de la famille et la place croissante qu’occupe dans nos conceptions de la relation la dimension intersubjective, beaucoup d’auteurs insistent aujourd’hui sur une forme de transmission « ascendante ». Que transmet le bébé, l’enfant, l’adolescent à ses parents et aux adultes qui s’occupent de lui et comment ?, interroge Bernard Golse. Après avoir évoqué l’enfant que l’on a été ou que l’on pense avoir été, il resitue la problématique de la transmission trans- et intergénérationnelle au regard de la théorie de l’après-coup. Après quoi, il envisage les différentes modélisations actuellement disponibles pour rendre compte d’une dynamique de transmission ascendante, du bébé vers les adultes qui en prennent soin : les identifications projectives de W.R. Bion, la théorie de l’attachement et les mécanismes de l’accordage affectif. La transmission intergénérationnelle (tig), quant à elle, se jouerait au contraire surtout entre des générations en contact direct (parents et enfants), elle pourrait être à double sens, et elle passerait principalement par les voies de la communication non verbale ou préverbale (analogique). Autrement dit encore, si le passé des parents organise en partie le présent de leur enfant, de son côté, le présent de l’enfant réorganise les traces mnésiques que ses parents ont de leur propre passé, et il y a donc bien, là, un effet ascendant de l’enfant sur ses caregivers. Notre passé organise en effet notre présent, ceci est classique et bien connu, mais notre présent nous permet aussi de relire, de reconstruire et de rétro-dire notre passé qui, une fois remanié, aura alors un nouvel impact sur notre présent, et ainsi de suite.

Si l’on sait depuis Serge Lebovici que « le bébé fait mère sa mère » (1983), qu’en est-il du père ? Du bébé au père, à travers de nombreuses vignettes cliniques issues de son expérience au sein de l’Aubier, Annick Le Nestour interroge les processus de paternalité : leur ébauche durant la grossesse, à l’arrivée du bébé, en postnatal. Les fonctions paternelles sont étudiées, mises en perspectives et articulées avec les fonctions maternelles. Les transmissions paternelles sont distinguées tant dans les interactions réelles que fantasmatiques. Des observations cliniques père/bébé viennent éclairer ces domaines ; y compris dans l’instauration de l’identité sexuée du bébé en devenir.

Autre aspect, dans le champ thérapeutique comme dans d’autres, on voit se développer une réciprocité avec l’émergence de nouvelles formes de « transmission » professionnel-parent ou patient sous la forme d’« éducation thérapeutique », mais aussi de la transmission inversée patient-parent/professionnel sous la forme de la médecine narrative et/ou du partenariat parent-professionnel dans le soin d’un enfant. Anne-Sylvie Pelloux s’est plongée dans plusieurs récits et témoignages de personnes autistes sur le mode d’un voyage en pays étranger. Elle s’interroge sur l’expression croissante issue de mouvements de « patients » ou d’autres minorités et leur prise en compte. Elle relate quelques faits marquants comme la prégnance du monde sensoriel ou la déconnexion entre corps et esprit, qu’elle a relevés dans ces récits. Enfin, elle discute du sens et des effets de cette forme de transmission entre personnes autistes et « neuro-typiques ». La réflexion d’Anne-Sylvie Pelloux ouvre sur un nouveau paradigme, celui de ne pas chercher à toute force à réduire, à dissoudre, à normaliser, mais plutôt soutenir, accompagner et écouter sans a priori ce que les enfants, les adolescents et les familles cherchent à nous transmettre et peuvent nous apprendre.

La transmission, dans nos professions de l’enfance auprès d’enfants et d’adolescents n’est pas seulement une affaire de connaissances à acquérir, mais surtout de savoir-faire. À côté des parcours scolaires ou universitaires, et quelle que soit la profession, comment transmettre cette touche personnelle, comment cela engage-t-il chacun au cœur de son savoir, mais aussi de sa subjectivité ? Comment transmettre une pratique qui engage aussi bien la singularité du professionnel que celle d’un sujet et d’une famille et celle de l’institution où se déroule la rencontre ?

Deux articles illustrent cette forme de transmission entre professionnels qu’elle soit descendante de maître à élève ou horizontale entre pairs.

Didier Lauru s’intéresse à la formation des analystes. En reprenant les échanges épistolaires entre Freud et Ferenczi, « l’enfant terrible de la psychanalyse » particulièrement créatif, il livre une réflexion sur la transmission de la psychanalyse à l’aune du transfert. L’exemple des négociations autour de la publication du cas Arpad en lien avec l’écriture de Totem et tabou et l’évocation de ce rapport filial entre le grand homme et son possible dauphin débouchent sur un rapprochement avec l’adolescence comme période de subjectivation et de démarcation nécessaire pour s’approprier l’héritage et trouver son style. Comme disait Freud, ce dont on a hérité, on doit l’acquérir, c’est-à-dire le faire sien, se l’approprier en y mettant sa patte. Didier Lauru rejoint ainsi Olivier Douville sur l’idée que le savoir dont il s’agit dans toute cure ne se totalise pas, et se transmet d’abord en tant qu’expérience… En ce sens, il s’agira de distinguer ce que serait une transmission soumise à un diktat surmoïque de fidélité où le texte mort gouverne et pétrifie l’invention au risque de faire surgir la figure d’un Autre incarné, de celle qui peut induire, en même temps, un petit quelque chose de plus du côté de la psychanalyse.

Jacques Constant nous livre, quant à lui, ses réflexions sur les modalités de transmission à partir de son parcours de médecin chef d’intersecteur, terme dont il apprécie la dimension articulatoire entre les différents champs de l’enfance. Avec une pointe d’humour et d’ironie, illustrant sa réflexion des souvenirs de rencontres de maîtres célèbres, il nous transmet ainsi un tableau très vivant d’une discipline en constant (n’est-ce pas Jacques !) mouvement. Il décrit l’évolution de ces quarante dernières années en lien avec celles de la société, des représentations de l’enfance, du handicap, avec les phases qui se sont succédé : enthousiasme créatif de la mise en place du dispositif, stabilisation de celui-ci avec diversification des approches et extension du champ clinique de l’enfance au bébé et l’adolescent et enfin troisième phase actuelle plus difficile dans son ambivalence entre succès et critique, remise en cause et contraintes budgétaires. Dans ce contexte intersectoriel, la transmission prend diverse forme : descendante de maître à élève, horizontale entre pairs et avec nos nombreux partenaires, circulaires en équipe.

Les praticiens que nous sommes tentent, chacun selon sa pratique ou ses orientations et influences théoriques, de faire passer leurs savoirs et leurs pratiques au travers d’écrits, articles ou livres, de communications publiques, ou tout simplement par le biais de prises de position au sein d’équipes avec lesquelles ils travaillent. Nous le savons par expérience, cette transmission est difficile, délicate, mais c’est elle qui fait tout le sel des rapports entre les différentes générations de thérapeutes et de soignants, impliqués dans des prises en charge au quotidien. La modeste ambition de notre revue est précisément de tenter de transmettre cet ensemble indissociable à nos yeux, entre théories et pratiques, entre connaissance et savoir-faire acquis auprès des enfants, des adolescents et des familles que nous recevons au quotidien et des partenaires que nous côtoyons à leur propos.

Éditorial : Vingt ans déjà !
Jean-Louis Le Run, pédopsychiatre, médecin chef du 1er secteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris
Didier Lauru, psychiatre, psychanalyste, directeur du centre médico-psycho-pédagogique Étienne Marcel
Anne-Sylvie Pelloux, pédopsychiatre, praticien hospitalier dans le 1er secteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris
Entretien mené par Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre, directrice des éditions érès

Le dossier : Transmissions. Enjeux et perspectives

Introduction
Jean-Louis Le Run, pédopsychiatre, médecin chef du 1er secteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris
Didier Lauru, psychiatre, psychanalyste, directeur du centre médico-psycho-pédagogique Étienne Marcel
Anne-Sylvie Pelloux, pédopsychiatre, praticien hospitalier dans le 1er secteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris

La transmission descendante est-elle naturelle ?

Quelle transmission pour nos enfants ?
Daniel Marcelli, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent

La transmission troublée. L’exemple de l’adoption
Jean-Louis Le Run, pédopsychiatre, médecin chef du 1er secteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris

L’adoption à l’épreuve du transgénérationnel
Alberto Eiguer, psychiatre, psychanalyste

Doutes, refus et créativité : aléas des transmissions à l’adolescence
Jean-Pierre Benoit, chef de pôle Pédopsychiatrie-Addictologie, Centre Hospitalier de Saint-Denis

Épigénétique et transmission : vers une quatrième dimension
Gisèle Apter, psychiatre, chef du service de pédopsychiatrie du Groupe Hospitalier du Havre

Éthique d’une transmission

L’avenir n’est pas écrit
Philippe Duverger, chef du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, chu Angers

Su et insu de la transmission
Olivier Douville. pédopsychiatre, praticien hospitalier dans le 1er secteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris
Entretien mené par, Jean-Yves Le Fourn, pédopsychiatre, psychanalyste

Face au défi de l’institution scolaire, l’école augmentée par le numérique
Serge Tisseron, psychiatre

Itinéraires des transmissions ascendantes

Ce que le bébé transmet aux adultes (plaidoyer pour une modélisation d’une transmission ascendante, du bébé vers les adultes)
Bernard Golse, pédopsychiatre, psychanalyste, chef du service de Pédopsychiatrie de l'Hôpital Necker-Enfants Malades

Transmissions paternelles en périnatalité. Vulnérabilités et créativité
Annick Le Nestour, pédopsychiatre, psychanalyste

Voyage en terres d’autisme. Ce que les personnes autistes nous transmettent
Anne-Sylvie Pelloux, pédopsychiatre, praticien hospitalier dans le 1er secteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris

Entre pairs, comment transmettre un savoir-faire ?

Une transmission possible en psychanalyse ?
Didier Lauru, psychiatre, psychanalyste, directeur du centre médico-psycho-pédagogique Étienne Marcel

Réflexions sur les modalités de transmission à partir d’un parcours en intersecteur
Jacques Constant, pédopsychiatre

Les tribunes

En direct des pratiques

Sons et représentations symboliques. Thérapie par la création de paysages sonores pour des enfants présentant des troubles envahissants du développement
Marianne Entat, art-thérapeute et compositrice

Les limites de la visite médiatisée dans la création des liens précoces
Amélie Mondon, psychologue clinicienne

La clinique de la malformation de membre et de l’appareillage prothétique : autour d'un cas de décision d'amputation de pied chez une jeune fille
Naïma Brennetot , psychologue clinicienne
Véra Savvaki, psychologue clinicienne
Cristina Lindenmeyer, psychanalyste